Nous avons ici-même beaucoup parlé de certains artistes qui ont fait le choix de proposer leur projet sur (re)venons à la musique. Nous avons aussi beaucoup parlé avec quelques professionnels volontaires pour participer à la production de ces artistes. Mais nous n’avons pas encore donné la parole à un(e) représentant(e) de l’élément crucial à la concrétisation des projets : vous !
Christine, une web-productrice arrivée il y a peu sur (re)venonsalamusique.com, qui avait déjà fait partie d’un label participatif – celui qui n’a pas survécu – et qui donc a un jugement affiné sur l’aventure qu’elle a vécu et une idée précise de celle qu’elle veut vivre aujourd’hui, a accepté de répondre à quelques questions.
Qui êtes-vous ?
Je suis quelqu’un qui s’intéresse de près à la musique. D’abord parce que je chante en chorale depuis une quinzaine d’année, et puis parce que c’est un moyen d’échanger avec les autres.
Quelle était votre relation à la musique avant le web ?
Au sein de la chorale, j’évolue dans le chant sacré ou le gospel, mais j’ai toujours été très curieuse de ce qui se passait ailleurs, dans la pop, le rock ou plein d’autres choses assez éloignées de ce que je fais. J’ai des goûts éclectiques mais je suis exigeante !
Comment êtes-vous venu au participatif musical ?
Au départ, je n’avais pas d’activités type réseau social sur internet avant que le participatif musical croise ma route. L’internet est venu à moi par le biais de mon métier. C’est lorsque un chanteur que je soutenais s’est injustement fait évincer d’une émission de real-TV et que j’ai su qu’il avait un groupe que je me suis intéressée de plus près au participatif musical. Ensuite, les différents échanges avec les autres web-producteurs m’ont convaincue d’élargir mon champ social sur internet, avec Facebook notamment afin de garder contact.
Quel a été l’élément déclencheur de votre soutien actif ?
Les rencontres !! Au fil du temps j’ai rencontré de bien belles personnes qui m’en ont présenté d’autres et qui m’ont permis de créer des liens autour du soutien que je pouvais avoir pour tel ou tel artiste.
Quelles relations entretenez-vous avec les autres web-producteurs ?
Dépasser l’écran et l’internet est pour moi capital. Rencontrer des gens, passer du temps avec eux, en dehors de toutes considérations autres que le plaisir d’être ensemble et nos soutiens respectifs pour les artistes, est pour moi le retour immédiat sur investissement de ma participation au label. Partager des moments sympas avec des gens qui ont des métiers, des cultures, un vécu différents sur pleins de choses est quelque chose de très enrichissant qui me permet d’aller au-delà de certains cercles un peu fermés. Quand on met de côté tout ce qui n’est pas « musique », cela donne vraiment de belles rencontres.
Vous avez la même relation avec les artistes ?
La proximité n’est pas la même. Ils sont un peu plus dans leur bulle de création, ce qui est normal, c’est quelque chose qu’ils ont dans les trippes et sur lequel ils concentrent toute leur attention. Mais les rencontres avec eux sont toutes aussi épanouissantes parce que l’on découvre un monde que l’on n’a pas l’habitude de côtoyer au quotidien .
Comment avez-vous vécu la crise du label dans lequel vous aviez investi ?
Avec une certaine frustration parce que ce n’est pas le CD de mon artiste qui n’a pas marché. C’est le label qui est tombé car il n’a pas su, à mon sens, s’entourer de professionnels qui savaient à quelles portes frapper pour produire et promouvoir les artistes qui, d’ailleurs, nous confirmaient combien la promotion était insuffisante. Ils en souffraient parce qu’ils savaient que cela mettait en péril leur projet pour lesquels ils avaient tant donné! De mon côté, j’avais investi sur des artistes parce que je voulais que leur projet aboutisse à une réalisation. A la différence de certains web-producteurs qui attendaient clairement un retour sur investissement, j’étais toute à fait consciente du pari commercial et je l’avais accepté! Le plus important pour moi était de participer à l’aventure que représente la réalisation d’un projet musical par un artiste. ! Hélas, le pari n’est pas allé au bout… A cela, s’est ajouté un manque total de communication de la part du label aux moments les plus durs, générant ainsi la colère des web-producteurs qui ne comprenaient pas ce qu’il leur arrivait. A titre d’exemple, quelques temps avant l’annonce officielle de la crise du label, les investissements ont été bloqués sans la moindre explication !
Qu’est ce qui vous fait cependant croire encore au modèle du participatif musical ?
Je ne crois pas aux gros labels. On a l’impression d’entendre toujours le même son à longueur de journée. C’est de la commercialisation de produits de masse. Aucune place n’est vraiment faite à la création. Or, élever la création artistique au rang d’industrie me dérange. Je recherche des projets avec une âme. Même si un modèle économique est indispensable pour soutenir tout projet artistique, j’aime et j’ai besoin de découvrir de nouvelles choses.
Nous remercions de tout coeur Christine d’avoir accepté l’expérience de cette interview et de nous avoir (re)joint !